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MARATHON DES SABLES

Parcourir le désert du Sahara en autosuffisance

      Debout, seul dans une plaine qui s’étend à perte de vue, l’être humain est confronté à la réalité de sa petitesse. Il est comme une tache sur les rives de l’éternité, à la dérive dans l’incroyable puissance et majesté de l’univers. 

Théodore Monot

Le marathon des sables ! Cela faisait bien longtemps que l’appel de cette course mythique raisonnait en moi. Parcourir le désert du Sahara, se laisser envouter pas son immensité. Des dunes de sable ondulant à perte de vue, des températures suffocantes, les mirages des oasis… Mon imaginaire avait sans doute été marqué par les aventures de Tintin ou encore celle de Lawrence d’Arabie arpentant ces paysages désertiques. En tous cas ce n’est certainement pas le soleil torride qui m’attirait, moi qui crains la chaleur et cherche l’ombre dès que températures et ensoleillement conjuguent leur travail de sape. Néanmoins cet engagement contre nature n’était pas pour me déplaire. Progresser en milieu hostile, dans un cadre exceptionnel laissant grande place à l’inconnu… Comment résister ! 

Résidant au Maroc depuis quelques mois, je n’avais plus d’excuses si ce n'est réunir le budget permettant de prendre le départ. Mais si le MDS est une belle aventure, ça n'en reste pas moins une épreuve encadrée, et cheminer dans le Sahara dans un cadre sécurisé à un prix. J'associais à cette recherche de sponsor, ma première, une levée de fond pour une association Marocaine qui aide à la scolarisation des enfants défavoriser à et autour de Casablanca : EMA (Enfance Maghreb Avenir.

LA VIDEO DE L'AVENTURE

25ème Marathon Des Sables

Durée : 3min 45

La tente 14

J-2 avant le départ  (vendredi 2 avril 2010)

Transfert : OUARZAZATE / RISSANI en bus (environ 350 km, 6h00)

8h45 : J’arrive avec un peu d’avance au point de rendez-vous fixé par l’organisation.

Au même moment arrive Abdelaziz. Vêtu de son habit berbère, c’est son sac à dos « Raidlight » qui le trahi. Pas de doute, c’est un concurrent du Marathon des Sables. On discute un peu... Pour lui aussi, c’est sa première participation. Les minutes passent et bientôt, ce sont quelques dizaines de concurrents qui font les 100 pas. Les membres de l’organisation font enfin leur apparition.

On nous répartit dans les bus, les premières informations concernant le parcours, jusque-là tenue secrète, sont distillées. Le convoi démarre, direction Rissani (ville de l'est Marcocain située non loin de l’erg Chebbi, à environ 35 km, plus connu sous le nom de dunes de Merzouga) ! Le road-book est distribué, chacun se plonge avec frénésie dans la lecture du programme de la semaine à venir. Nous percevons aussi « lunch-paquet ». Ah, le « lunch-paquet »... ! : un « Babybel », une boite de thon à la catalane, une crêpe au chocolat, un sachet de raisins secs et un de figues, un autre de cacahouètes et un morceau de pain. Hum... Chouette !

Je passe une grande partie du temps de ce long trajet en bus à dormir, à penser au parcours, à penser à Audrey et à mon petit Maëlou.

Vers 15h30, arrivée au bivouac. Enfin presque... Les bus ne pouvant se rendre jusqu’au camp, c’est en camion militaire que nous parcourons le dernier kilomètre. Nous finissons par mettre pied à terre au cœur d’une large plaine caillouteuse. Le paysage est lunaire, la chaleur est déjà pesante.

Première étape, choisir son logement, euh... sa toile de tente. Il n’y a que l’embarras du choix, notre convoi est le premier arrivé. Au hasard, je m’arrête sur la tente 14. Enfin, presque au hasard : les tentes, tentes traditionnelles berbères, sont en fait réparties par nationalité. 1 à 47 pour les français, 48 à 52 pour les espagnols et ainsi de suite. Une tente, c’est pour 8 coureurs. Elle est composée d’une grande toile de tissu noir très épais, d’une dizaine de morceau x de bois qui forment l’armature et de deux tapis.

Arrivés dans le même convoi, David et Jean-Sébastien me proposent une co-loc. Affaire conclue !

Un peu plus tard dans la journée, fatigués d’un voyage exténuant, Christelle, Jérôme, Laurent, Guillaume et Frederick, de l’équipe Sahara Gard Aventure nous rejoignent. La tente 14 est définitivement constituée !

Jusqu'ici tout va bien

J-1 avant le départ

1ère journée sur bivouac - Contrôles administratif et technique

Après une première nuit moyenne, dormir à même le sol manque vraiment de confort, petit-déjeuner prévu par l’organisation, puis en route pour les contrôles technique et administratif.

Tout va très vite : contrôle rapide du contenu du sac de course, remise du dossard, du transpondeur, des pastilles de sel, d’une fusée de détresse et enfin, le contrôle médical.

Cela se gâte un peu, je n’ai ni mon certificat médical, ni mon tracé cardio : je les ai oubliés à Casablanca. Un peu de stress, passage à la direction de la course et délivrance, tous mes docs leur ont été transmis par mail. Bon pour courir !

Petit détail tout de même, pendant ce contrôle, nous laissons également notre sac de voyage, nous pourrons le récupérer qu’à l’arrivée. A partir de maintenant, nous n’avons plus que le strict nécessaire, à savoir de quoi courir, manger, se laver (c’est un bien grand mot) et un duvet !

Il est 10h30 et j’ai hâte que ça démarre. La journée va être longue... J'en profite pour gravir les reliefs bordant le camp.

Il ne faut pas vendre la peau de l'ours...

Jour J / Etape 1 : IRHS / KHERMOU – 29km

Réveil à 5h45. Ce matin, l’autonomie alimentaire commence. Au menu de ce petit déjeuner, poudre chocolatée mais surtout énergétique, le Spordej pour les connaisseurs (hum... Que du bonheur !). Au moins, ce n’est pas compliqué à préparer !

Le départ de l’étape est à 8h30. Avant ça, perception de 1,5l d’eau suivi du premier briefing de course de la semaine sous l’arche de départ. L’excitation des coureurs est palpable.

8h30 ! C’est sous les rifts endiablés d’AC/DC que le départ est donné.

Je pars tranquillement, 9-10 km/h. Les premières sensations sont bonnes. Le peloton s’étire doucement, mais sûrement. Après quelques minutes, je rejoins Jérôme, nous allons faire un bout de chemin ensemble.

Le début de cette première étape est assez roulant et le CP1 (km 13.4) est atteint sans aucune difficulté. Appoint d’eau, 1 gel énergétique plus tard et c’est reparti. Je vogue dans les 200 premières places, assez surpris d’ailleurs. Il y a un petit vent frais qui atténue la sensation de chaleur.

Kilomètre 18 : après une petite ascension, ça se corse. Je ressens des vertiges. Après ce que j’ai vécu pendant la Transmarocaine 3 semaines plus tôt, je le redoutais. Je marque donc une pause, mange un peu de saucisson sec, 2/3 noix de cajou et hop, je repars. Les sensations ont changé, je ne suis plus aussi à l’aise, je n’ai plus de capacité à accélérer, au contraire, je ralentis peu à peu.

CP2 (km 22.2), à nouveau l’appoint d’eau, une barre de céréales, ça ne va pas si mal !  Enfin, c’est ce que je crois. Au fil des kilomètres, mon état de faiblesse s’accroît encore.

Kilomètre 26 : reste 3 km pour atteindre le bivouac, il est en vue ! Je marque une nouvelle pause, je suis très faible. Je mettrai près de 10 minutes à redécoller (après deux tentatives). Je n’ai plus de forces et j’ai  le moral au fond des chaussettes (si mal le premier jour !!!). Je finis par prendre la direction du bivouac, une longue ligne droite. Des coureurs me dépassent sans cesse. J‘avance au ralenti.

Accompagné par Belkir* qui, me voyant en détresse, a adapté son rythme au mien, je passe la ligne d’arrivée de cette première étape.

Je ne tiens plus debout, m’écroule sur une chaise à proximité. Je suis vite pris en charge par l’équipe médicale et transféré à la clinique du bivouac. Verdict : je suis complètement déshydraté, lyophilisé comme ils le disent... N’arrivant pas à boire, je suis perfusé**. A ce moment-là, je pense que ma course est finie. Je pense à tous ceux qui me suivent, qui me soutiennent, à ma petite famille…, je verse quelques larmes !

Toute la tente 14 vient prendre de mes nouvelles par vagues successives. Hier inconnus, aujourd’hui compagnons de route... Ce soutien me fait vraiment plaisir.

4 litres de sérum phy et 0,5 litres de solution sucrée plus tard, j’ai repris des forces. Après avoir uriné (condition de sortie de la clinique), je peux regagner la tente. Au moins ai-je le droit de repartir demain !

* Avec Belkir et d'autres, nous portons les couleurs de l’association Enfance Maghreb Avenir

**Règlement : Pendant la course, 1ère perfusion = 2 hrs de pénalité / 2ème perfusion = mise hors course

Temps : 4h47 / Position : 483ème / Moyenne : 6km/hr + 2 heures de pénalités = 961ème  

Le jour d'après

Etape 2 : KHERMOU / JEBEL EL OTFAL – 35,5km

5h45, c’est parti pour ce qui va devenir un rituel toute cette semaine. J’ouvre les yeux, je reste dans mon duvet, enfile mon short de course et extraction du cocon. Il fait bon. Arrive rapidement l’équipe berbère affectée au démontage des tentes. A 6h10, nous n’avons plus de toit. Peu importe, je continue à m’équiper : crème pour les pieds, chaussettes de compression, chaussettes, guêtres anti-sable, chaussures, préparation du petit-déjeuner… Ce matin, du salé avec un hachis (celui que je n’ai pas mangé hier puisque j’étais à la clinique). Puis suivent la récupération de l’eau (distribution du matin), le remplissage des gourdes, le reconditionnement du sac.

Ce matin, je me sens bien, je n’ai pas mal aux jambes. Je suis juste inquiet pour le déroulement de l’étape : vais-je tenir ? Première chose pour ne pas être à nouveau déshydraté, il faut boire. Alors, je bois, je bois, je bois… sans oublier de consommer des pastilles de sel (ration de 10g par jour).

8h30, AC/DC, c’est le départ !

Au programme du jour, une étape plutôt vallonnée avec quelques belles montées, dont une sur 300m de D+ et une pente allant jusqu’à 25%. J’adore cette étape. Il y a du relief, il faut souvent relancer, le paysage est grandiose.

En plus, je me sens physiquement vraiment bien. Mais je me freine, il faut gérer, surtout après ce qui s’est passé hier, je suis un peu dans l’inconnu.

Au final, je passe la ligne d’arrivée en 141ème position et en pleine forme… C’est bon pour le moral !

Je rejoins la tente 14 où Laurent, Jérôme et Jean-Sébastien sont déjà arrivés. Oui, oui, il y avait des bons dans cette tente ;-))) Suivent bientôt Guillaume, Fred, David et Christel.

Après s’être mis à l’aise, tongs et caleçon, la première occupation est de se préparer à manger (repas de l’après midi). Après cela, direction le cybercafé pour envoyer un petit message à Audrey.

19h00, repas du soir...

20h00, tout le monde au dodo...

Temps : 5h15 / Position : 141ème  / Moyenne : 6.67km/hr

Roadbook / Etape 2

Qui veut voyager loin...

Etape 3 : JEBEL EL OTFAL / TAOURIRT MOUCHANNE – 40km

La plus dure des étapes, enfin pour moi : 3 longuuuueeees lignes droites de 12km au milieu de rien.

Un cagnard comme ce n’est pas possible, le vent dans le dos ne me rafraîchit pas. Je cours jusqu’au CP2. A partir de ce point, j’abdique et me mets en mode marche. Cette étape me parait interminable, je m’ennuie ! Seule la rencontre d’un troupeau de dromadaires vient casser la monotonie. En plus de cela, je commence à ressentir de fortes douleurs dans les épaules, le manque d’entraînement avec le sac se fait ressentir.

Après 5h45 de course, je passe la ligne d’arrivée en 196ème position (on dirait que l’étape a été longue pour tout le monde... à moins que l’appréhension de l’étape de demain, 82km, ait freiné les ardeurs de certains concurrents.

J’arrive à la tente un peu faiblard. J’ai faim ! Si faim que je suis limite de tomber dans les pommes !

Un voile noir, je tombe à la renverse… Fred qui vient d’arriver pique un 100m jusqu’à la tente de contrôle pour demander l’intervention d’un médecin. Sitôt dit, sitôt fait ! En quelques minutes, le staff médical est à la tente. Pouls, tension, mise en position latérale de sécurité... Je fais un début d’hypo… Pour moi, rien à voir avec dimanche, je suis conscient, je manque juste de forces ! Fred (encore) me passe son thé. Ça fait du bien, mais ce que je veux, c’est manger ! Fred (toujours) me fait chauffer de l’eau (je n’ai pas la force de le faire tout seul) et je me prépare des pâtes bolognaises. J’englouti mon repas, ça va mieux. Entre deux, j’ai convaincu le staff médical que tout allait bien !

Le fil de la journée reprend son cours normal : changement de tenue, mail…

Autre rituel, la distribution du courrier ! J’en ai chaque jour, cela donne vraiment du baume au cœur !

Temps : 5h45 / Position : 196ème  / Moyenne : 6.96km/hr

La grosse étape !

Etape 4 : TAOURIRT MOUCHANNE / OUED EL JDAID – 82,2km

La grosse étape, celle que tous les coureurs redoutent !

Avec un peu de retard au démarrage, le départ est donné à 9h15 sans les 50 premiers du classement, ainsi que les 5 premières féminines qui partiront 3 heures après. Le peloton part doucement, en suivant d’abord un mauvais cap (pas facile quand les leaders ne sont pas là), puis un peu plus vite en prenant la direction du CP1 situé à 12.8km.

Je me retrouve rapidement dans les 100 premiers, ce qui ne me réjouit pas...  Je vais probablement trop vite et je lève donc le pied. Cette étape, il faut la gérer ! Mon plan est le suivant : pause-déjeuner au CP2 vers 12h00, pause-dîner vers 18h00 au CP4 et arrivée vers 0h00 !

Tout se passe comme prévu jusqu’au CP2. En plus d’avoir de bonnes sensations, le paysage est à couper le souffle : montagnes, dunes,… Au CP2, après 26.6km, je fais donc ma première pause bouffe. Ça aurait dû être du porc à l’indienne, ça devient une soupe sans goût, et pour cause, j’ai mis trop d’eau ! Pas plus affamé que ça, je fais l’impasse sur le dessert, sans doute une erreur.

J’attaque à nouveau doucement, en marchant, afin de digérer un peu et puis il fait chaud, très chaud (42° à l’ombre, sauf que l’on est en plein soleil).

Le problème de la marche, c’est que le corps s’y habitue et il est bien difficile de reprendre en courant. Je finis donc par opter pour une section marche entre le CP2 et le CP3. Les leaders de la course, ceux qui sont partis 3 heures après, nous rattrape. Ça galope !

CP3, j’ai faim. Je marque donc une nouvelle pause pour m’alimenter. Je ressens pour la première fois des échauffements sous les pieds, mais aussi entre les cuisses. Je repars du CP3 quasiment en même temps que Fred. J’alterne d’abord course à pied et marche, puis me mets en mode marche rapide (7km/h). Je double ainsi les nombreux concurrents qui m’étaient passé devant pendant mes pauses-déjeuner.

J’arrive au CP4 vers 18h00, objectif atteint : le CP4 représentait la barrière horaire mi-course à atteindre avant 1h00 du matin.

Aussitôt le CP atteint, je ressens un coup de mou, j’ai encore faim. Problème, je n’arrive pas à manger. Est-ce parce que j’ai encore transformé mon plat de pâtes en soupe infâme ? Je continue de m’affaiblir à un tel point que je demande au staff médical de prendre ma tension, histoire de voir si c’est seulement psychologique ou si c’est réellement physique. Résultat : 11/5, ce qui n’est pas bien haut en période d’effort. Je décide donc de marquer une nouvelle pause pour essayer de faire une sieste d’1 heure, en espérant que j’aurai retrouvé l’envie de manger au réveil. Oui, mais voilà, impossible de trouver le sommeil… Donc, après 2h d’attente, toujours aussi faible, je décide de faire une vraie coupure. J’ôte les chaussures, je sors le duvet, je passe un haut sec et en avant pour un petit dodo. Cette fois-ci, je trouve le sommeil. Vers 0h30, je me remets en configuration course. Je me sens mieux, la faim a disparu, j’avale une barre de céréales au cas où. Je quitte finalement le CP4 vers 1h40, après avoir attendu près de 40 minutes qu’un doc me « strappe » le pied (ampoule).

Après 15 minutes de marche, je sens que ça ne va pas si bien que ça : j’ai toujours cette sensation de faim. La liaison jusqu’au CP5 est longue : 11km dont 9 de dunes dans la nuit, ça use !

Arrivé au point de control, kilomètre 51, je décide de m’arrêter là jusqu’au petit jour. Pas la peine de continuer ainsi, la route est encore longue. A ce moment-là, je sais que m’arrêter une nouvelle fois veut dire faire une croix sur mon objectif de classement d’avant course : le top 200. On verra ca plus tard, demain sera un autre jour.

Jeudi 8 Avril – Etape 4 : Suite

Jeudi matin, 6h00, le jour se lève ! Qu’est ce que j’ai bien dormi ! Un peu de courage, il faut finir cette étape. Avant de repartir, je me prépare une soupe (volontairement cette fois-ci). Ça fait du bien !

Quelques coureurs se sont eux-aussi arrêtés au CP pour dormir, certains à même le sable. Les visages sont fatigués, les traits tirés. Mais le plus dur est fait, il reste 31km à parcourir avant 19h00 au plus tard. Le lever du soleil accroît encore la beauté du paysage qui nous entoure. Je finis par repartir tranquillement en marchant, pas de motivation pour courir... la déception d’avoir raté mon étape !

Vers 11h00, je passe la ligne d’arrivée de l’étape en 792ème place, plutôt frais !

La tente 14 est au complet.

Temps : 26h00 / Position : 792ème  / Moyenne : 3.15km/hr

Lâcher prise et profiter

Etape 5 : OUED EL JDAID / ERG ZNAIGUI – 42,2km

L’étape marathon de la semaine ! De bonnes sensations au départ, je suis même surpris d’arriver si vite au CP1, du moins, le temps m’a semblé passer vite.

L’arrivée au CP2 me semble déjà plus longue. A partir de ce point, je me mets à marcher. A nouveau, plus de motivation, en fait, encore moins que les fois précédentes. Le classement est joué, l’étape d’hier a créé des écarts irrattrapables. La barrière horaire pour cette étape était au CP2, il ne reste plus qu'à rallier l'arrivée. J’ai très mal aux épaules, je marche souvent les mains sur la tête tel un prisonnier (prisonnier du désert...?).

Passé le CP3 je repasse en mode course à pied, il ne reste plus que 6 km. L’émotion est grande. A ce stade de l’épreuve, il est quasi-certain que j’irai au bout. Je tiens mon marathon des sables !

Je passe la ligne en 463ème place, anecdotique !

Sous la tente, l’ambiance est à la bonne humeur. Chacun se réjouit d’avoir été au bout (même si c’est demain que ça s’arrête vraiment). Fred et Jean-Sébastien, notamment, pansent une dernière fois leurs blessures. Jean-Sebastien, 30ème au classement général, aura couru toute la semaine les pieds meurtris par les ampoules... Chapeau !

Temps : 6h23 / Position : 452ème  / Moyenne : 6.57km/hr

Ce soir je prendrai une douche...

Samedi 10 Avril – Etape 6 : ERG ZNAIGUI / MERZOUGA – 21,1km

Cette fois, on y est ! Dernier matin, dernier départ... Dans quelques heures, je serai venu à bout de la 25ème édition du Marathon des Sables et ses 250km. J'épure les derniers kilos superflus du sac : réserve de bouffe, réchaud jetable, puis vient le moment de se présenter à l’aire de départ. C’est la fête !!!

Reste quand même une inquiétude, la dernière difficulté, le passage des dunes de Merzouga, les plus hautes du Maroc.

30 minutes avant le reste du peloton, les 50 derniers coureurs au classement de l’étape d’hier prennent le départ. Certains ont des béquilles. dans tous les cas ils peinent souvent à marcher et chaque pas laisse apparaître sur leur visage un brun de souffrance… Courage et respect.

9h00, départ final et ça part plutôt vite. Pour ma part, j’y vais tout doux. Au bout d’une semaine, je commence à bien sentir la fatigue physique (les genoux, le dos,…). Néanmoins, je cours la plus grande partie du parcours.

Le passage des dunes de Merzouga se fait finalement sans problème, enfin e ce qui me concerne... A l’entrée de la passe sablonneuse, je double Armelle (ça ne s’invente pas), elle est en pleure. Non pas parce qu’elle est heureuse d’arriver mais de douleur, ses pieds meurtris par les ampoules. Je ne l’ai pas recroisée ensuite, mais j’imagine que ses larmes se sont transformées en larmes de bonheur passé la ligne d'arrivée.

Sortie de la passe des dunes, à 300 mètres du but, je choisis de faire un détour. Je veux profiter de ce moment à l’écart de l’agitation qui règne sur l’aire d’arrivée. Je verse quelques larmes, je pense à Audrey, à Maëlou, à ma famille, à mes potes, à tout ce qui s’est passé depuis dimanche, les instants de doute, ceux d’euphorie, les rencontres… Je suis fier d’être arrivé au bout.

Un peu plus loin Patrick Bauer, directeur de la course, me remet la médaille du 25ème MDS, c'est presque le clap de fin de cette belle aventure.

Je passe une heure sur l’aire d’arrivée, les membres de l’association Enfance Maghreb Avenir (EMA) sont là pour nous accueillir*. Nous échangeons longuement avec Najate présidente et fondatrice de cette association qui œuvre au Maroc pour offrir aux enfants défavorisés un environnement scolaire sain. Puis vient l'heure de grimper dans le bus direction Ouarzazate, ce soir je prendrai une douche...

Temps final : 53h07 / Position : 610ème  / Moyenne : 4.69km/hr

*Rappel : En parallèle de cette course, l’objectif était de collecter des fonds pour le projet d’E.M.A. qui concerne la réhabilitation  du collège Dakhla à 30km de Casablanca. Chose faite avec 10 000 € versés  par Aircelle à E.M.A. Maroc.

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