Un hiver à Sarajevo

Début décembre 1995 je prenais pieds sur le tarmac de l’aéroport de Sarajevo pour, le temps d’un hiver, avec la conviction de participer à mon niveau au retour de la paix en Ex-Yougoslavie.


... Sarajevo, la cité olympique devenue symbole d'une guerre féroce, ethnique et religieuse.


Je vous proposerai bientôt de partager cette expérience avec vous, me replongeant dans 4 mois de prise de notes, de photos.





Un peu d'histoire

« La guerre aujourd’hui en ex-Yougoslavie n’est pas folle, même si on la croit menée par des fous. »

La mort de Tito en 1980 marque le début de la dislocation de l’état fédéral de Yougoslavie. La cohésion de ses diverses composantes nationales reposait autant sur la personnalité du dictateur que sur la rigueur policière de son régime.

En effet le conflit qui embrasa le territoire Ex Yougoslave dans les années 90 obéit à une logique qui permet d’expliquer la ruée serbe sur la Croatie en juillet 1991, puis sur la Bosnie en mars 1992. Cette logique est inscrite dans les cartes de géographie, dans les leçons d’histoire et dans les mémoires des peuples.

L’emprise croissante du nationalisme Serbe sur la Yougoslavie a progressivement conforté les autres composantes du pays sur la voie de la sécession. L’une après l’autre, celles-ci se détachent de la « république fédérative » et s’érigent en nations souveraines :

Pour tenter de comprendre tout cela, il est bon de rappeler quelques dates clés qui balisent l’enchainement des évènements.

Printemps 1990, la Slovénie et la Croatie sortent du communique à la faveur d’élections générales. En juin, les deux républiques proclament leur indépendance. La fracture est ouverte et ne va cesser de s’agrandir.

La même année, en décembre, Serbie et Monténégro choisissent eux, de renforcer l’emprise communiste.

Près de 6 mois plus tard, le 25 juin 1991, c’est le début du conflit avec la Slovénie d’abord puis en juillet contre la Croatie.

Au début de 1992, le conflit s’étend la Bosnie-Herzégovine alors qu'elle déclarait également son indépendance vis-à-vis de la Yougoslavie.

Dans le même temps La nouvelle république fédérale de Yougoslavie constituée de la Serbie et du Monténégro est proclamée le 27 avril. Pour Milosevic, alors président de la Serbie, le plan de marche est clair : cette république fédérale diminuée est appelée à s’agrandir de régions prises aux dépens de ses voisines croate et bosniaque. En effet le nationalisme serbe à pour ambition de fédérer les Serbes restés à l’extérieur de la Yougoslavie et de les rattacher à la mère partie. Le conflit voulu et orchestré par Slobodan Milosevic, oppose des Serbes de religion chrétienne et orthodoxe, des Bosniaques, de confessions musulmanes, et des Croates, catholiques.

C’est le début d’une guerre féroce, ethnique et religieuse.


Cultures orientales et occidentale, islam et christianisme, nationalismes parfois exacerbés donnant naissance ou entretenant des conflits ou la haine sociale érige en loi l’épuration ethnique, tel se présente l’environnement balkanique à ce moment de l’histoire.

Si une faible partie de l’ex Yougoslavie appartient géographiquement à l’aire des Balkans, l’identité de son destin est cependant incontestablement liée à celui de cette région.

Plusieurs milliers d’années d’histoire expliquent assez bien les oppositions culturelles, ethniques et confessionnelles accumulées qui font de cette zone une véritable poudrière aux portes de la vielle Europe de l’Ouest.

De 1992 à 1996, pendant près de 4 ans, la ville de Sarajevo, parfois appelée la Jérusalem de l’Europe, s’est retrouvée encerclée par les Serbes. Ce siège est considéré comme le plus long de l’histoire moderne.


Sarajevo, proximité de l'aéroport

A suivre...

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